Jeudi 17 avril 2008
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21:39
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Publié dans : Sénégal
Pas une ni deux mais cinq ou six fois, ou plus, que j'y passe chaque jour par la rue Cheikh Anta Diop. Je l'aime bien cette rue parce qu'il y a l'agence où je travaille, parce qu'il y a la place
qui occupe mes pensées, parcequ'il y a l'université -toujours en grève- et parce qu'il y a un bar qui organise chaque soir des concerts. Aujourd'hui j'y ai acheté des beignets à une dame
qui a envoyé quelqu'un faire de la monnaie pour me rendre, en attendant, j'ai pris un café touba et ça a fait rire un ouvrier du chantier voisin. Hier j'avais acheté du jus de bissap glacé à 50F
dans un petit sachet plastique qu'il faut trouer avec les dents et deux jus de pain de singe dont un pour un petit talibé. Il m'est arrivé d'acheter des croissants, des biscrems, du jus de fruit,
une casquette, des arachides sucrés, des arachides salés, des mouchoirs jettables, une recharge pour téléphone, tout ça à des marchands ambulants. Je me demande toujours qui achète des chaussures
et des spider men gonflables dans cette rue, mais il doit y en avoir car les vendeurs restent. Il y a des policiers qui font la circulation, qui crient et gesticulent. Il y a de beaux arbres qui
recouvrent presque toute la largeur de la rue. Je l'aime bien cette rue parce qu'il y a toujours de l'animation, un peu de pagaille, parce que je râle chaque fois contre les ndiaga ndiayes et les
cars rapides qui s'arrêtent n'importe comment et bloquent véhicules et piétons. Je l'ai déjà emprunté à pied, en taxi, en bus TATA, en car rapide, en 4*4. Je l'ai emprunté le jour et la nuit.
Elle est mal éclairée, les trottoirs sont mal entretenus sauf en face les stations services et petits commerces, souvent il faut passer dans le sable, j'en ai plein les chaussures, il faut aussi
passer au dessus d'un égout à ciel ouvert. Tous les soirs, devant l'école des Manguiers, il y a un attroupement énorme, c'est pour voir les lutteurs de l'écurie de FASS qui s'entrainent. Le
vendredi la plupart des gens sont en costume traditionnel, c'est très beau et à l'heure de la grande prière, la rue est presque déserte. Il y a une affiche pour un concert de Youssou Ndour, un
feu dont le vert et le rouge s'allument simultanément, des gens qui courent après le bus, des apprentis qui disent 'Ouakam, Ouakam, Ouakam' ou bien 'Pikine Pikine Pikine' pour désigner la
destination de leur véhicule, il y a beaucoup de taxis, peut être un véhicule sur trois mais j'ai pas fais de statistiques... Il y a la maison d'un chef religieux, l'ambassade des Philippines,
une clinique, l'hôpital, des écoles, des chantiers d'immeubles. La rue prolonge l'avenue Blaise Diagne, qui rejoint le Plateau -c'est à dire le centre ville- jusqu'à Ouakam. J'ai retrouvé
un plan de 1921 où elle figure sous le nom de route de Ouakam.
Bon j'arrête la, ce blog est déjà plein d'inventaires.
Bon j'arrête la, ce blog est déjà plein d'inventaires.